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La science du climat n’a pas changé, dit l’ONU

" La science du climat n’a pas changé ", dit l’ONU
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Source: La Presse | Original Published At: 2025-01-21 12:14:25 UTC

Key Points

  • 2024 est l’année la plus chaude jamais enregistrée, dépassant la limite de 1,5 °C de l’accord de Paris.
  • Les États-Unis annoncent leur retrait de l’accord de Paris sous Donald Trump, mais l’accord persiste grâce aux autres signataires.
  • La Chine, premier producteur mondial de technologies vertes, renforce son rôle dans la lutte contre le changement climatique.
  • Le Brésil, présidant les BRICS, accueillera la COP30 en Amazonie, malgré des contradictions sur l’exploration pétrolière.
  • L’Union européenne maintient son leadership climatique malgré des défis budgétaires et politiques.

2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et la température moyenne des deux dernières années a dépassé la limite de 1,5 °C de réchauffement fixée par l’accord de Paris.

(Davos) La réalité du changement climatique, avec ses désastres « de pire en pire », demeure malgré les changements de cap politique, a souligné mardi le chef de l’ONU Climat, au lendemain de l’annonce d’un retrait des États-Unis de l’accord de Paris par Donald Trump.

Nick Perry Agence France-Presse

« La science du climat n’a pas changé, indépendamment des changements de vent géopolitiques. En réalité les impacts [climatiques] ont changé dans le sens qu’ils deviennent de pire en pire », a dit Simon Stiell au Forum économique mondiale de Davos, en Suisse.

2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et la température moyenne des deux dernières années a dépassé la limite de 1,5 °C de réchauffement fixée par cet accord adopté sous l’égide de l’ONU à Paris en 2015, et que seuls l’Iran, le Yémen et la Libye n’ont jamais ratifié.

Le texte fixe un objectif collectif et laisse chaque pays s’engager sur une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, avec l’obligation de revoir régulièrement ses engagements.

« La science est bien plus significative que les quelques voix qui la remettent en cause », a jugé M. Stiell, regrettant que la science ait été « transformée en arme », sans se référer directement à Donald Trump.

PHOTO RAFIQ MAQBOOL, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques

Le président américain a enclenché lundi le retrait de son pays en signant un décret présidentiel puis une lettre aux Nations unies en ce sens. Le retrait entrera en vigueur dans un an.

« Nous sommes déjà passés par là », a rappelé M. Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il a qualifié le mouvement de transition verte d’« inarrêtable », prévenant que « quiconque se met en retrait de cette dynamique crée un vide qui sera comblé par d’autres, qui en tireront profit ».

Avec encore la quasi-totalité du monde qui reste membre, l’accord adopté en 2015 à Paris va survivre, estiment diplomates et experts, qui rappellent que depuis dix ans, les engagements collectifs des pays du monde ont amélioré les prévisions de réchauffement futur.

L’accord « est un pacte qui dépasse les États-Unis », insiste Frances Colon, du Center for American Progress, un centre de réflexion proche des démocrates américains.

Acteurs émergents

Le Brésil est l’un de ces pays qui se veulent leaders sur le climat : il accueillera en novembre la plus grande conférence annuelle de négociations climatiques de l’ONU, en Amazonie, la COP30.

Son président, Luiz Inacio Lula da Silva, bien qu’en faveur du développement de l’exploration pétrolière, se positionne comme porte-drapeau mondial de l’environnement et, depuis son entrée en fonction, la déforestation en Amazonie a chuté.

PHOTO PABLO PORCIUNCULA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE Depuis l’arrivée de Luiz Inacio Lula da Silva au pouvoir, la déforestation en Amazonie a chuté.

Le Brésil préside également les BRICS, le bloc de grandes économies en développement dont la Chine et l’Inde, qui cherche à remodeler l’ordre mondial.

« Cette année pourrait être une année de leadership pour le Sud global », juge Tim Sahay, codirecteur du Net Zero Industrial Policy Lab de l’université Johns Hopkins.

L’Inde se manifeste également : son premier ministre, Narendra Modi, vante le « leadership » de son pays sur le solaire et l’éolien.

La Chine

La Chine s’est déclarée mardi « inquiète » de la nouvelle sortie des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. « Le changement climatique est un défi commun auquel est confrontée toute l’humanité, et aucun pays ne peut rester insensible ou résoudre le problème tout seul », a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

La Chine va également soutenir fortement le multilatéralisme climatique pendant le mandat de Donald Trump, affirme Li Shuo, fin connaisseur de ces négociations à l’Asia Society Policy Institute.

Lors du premier retrait américain, les Chinois étaient restés attachés à l’accord de Paris et n’ont pas renié leurs objectifs de long terme.

La Chine produit aujourd’hui plus de la moitié des véhicules électriques dans le monde, 70 % des éoliennes et 80 % des panneaux solaires, ce qui a permis d’en réduire fortement le coût, y compris pour les pays vers lesquels elle exporte.

PHOTO QILAI SHEN, ARCHIVES BLOOMBERG La Chine produit aujourd’hui plus de la moitié des véhicules électriques dans le monde, 70 % des éoliennes et 80 % des panneaux solaires.

Alors que des vents contraires entravent l’action climatique mondiale, « les performances de la Chine pour déployer les technologies vertes pourraient s’avérer salvatrices », dit Li Shuo à l’AFP.

Dans les COP annuelles, Pékin est un négociateur incontournable, qui dirige informellement au nom d’un bloc de pays en développement les tractations avec les pays riches.

Mais sans les États-Unis, la Chine, premier pays émetteur de gaz à effet de serre, pourrait aussi être tentée de ralentir sa transition.

Europe

L’Union européenne a une longue tradition de leadership climatique et a réduit ses émissions de 7,5 % entre 2022 et 2023, loin devant les autres grands pays riches. Elle est également le premier bailleur international de la lutte contre le changement climatique.

Lors du premier mandat de Donald Trump, l’UE et la Chine avaient lancé un dialogue sur le climat avec le Canada, en attendant le retour des Américains.

Il faudra un effort similaire, dans la période mouvementée qui s’annonce, anticipe Alex Scott, du groupe de réflexion italien sur le climat ECCO.

« L’UE et la Chine pourraient collaborer pour fournir ce pilier géopolitique », dit-elle à l’AFP.

Mais l’UE est aux prises avec d’importantes difficultés budgétaires et des revirements politiques en faveur de partis plutôt hostiles aux éoliennes ou aux véhicules électriques. Tandis que Pékin est dans un conflit commercial avec Bruxelles à cause de sa taxe carbone sur les importations.

Colombie

D’autres pays affirment vouloir poursuivre l’action malgré les vents contraires.

Au Royaume-Uni, dont le ministre de l’Énergie Ed Miliband veut « faire un nouveau leader sur le climat », jamais l’électricité n’avait été aussi bas carbone qu’en 2024.

La Barbade et le Kenya sont, eux, fers de lance d’une réforme financière mondiale pour aider les pays plus pauvres.

Autre exemple : la Colombie s’est engagée à cesser d’extraire des combustibles fossiles – sa principale source actuelle de recettes d’exportation – et a signé un traité mondial visant à éliminer progressivement le pétrole, le charbon et le gaz.

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