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Lettre du jour: de l’ombre des tarifs à la lumière du libre échange

Lettre du jour: de l'ombre des tarifs à la lumière du libre échange
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Source: Tribune de Genève | Original Published At: 2025-04-22 04:51:43 UTC

Key Points

  • Menace de tarifs douaniers américains de 31% sur les importations suisses à partir de 2025
  • Calcul controversé basé sur le déficit commercial bilatéral
  • Appel des milieux économiques suisses à des négociations rapides
  • Proposition d'accord entre les États-Unis et l'AELE pour contourner les barrières commerciales
  • Position stratégique de la Suisse grâce à son réseau d'accords de libre-échange

Opinion Lettre du jour – De l’ombre des tarifs à la lumière du libre-échange Lettre du jour du samedi 19 avril. Commentaire David Jeanneret

Guy Parmelin, vice-président, et Karin Keller-Sutter, présidente de la Suisse. 20min/Matthias Spicher

L’annonce par le président Donald Trump de l’imposition de tarifs douaniers de 31% sur les importations suisses, dès le 9 avril 2025, suscite une légitime inquiétude. Selon les déclarations officielles, ce taux découle d’une formule simpliste visant à réduire le déficit commercial américain avec ses partenaires. Concrètement, l’administration Trump a calculé ce tarif en divisant le déficit commercial bilatéral (38,5 milliards de dollars avec la Suisse en 2024) par la valeur totale des exportations suisses vers les États-Unis (63,4 milliards), soit environ 61%, avant de réduire ce résultat de moitié pour aboutir à 31%. Une méthode mécanique, mais qui occulte la complexité des échanges, notamment le surplus suisse dans les services.

Face à cette menace, les milieux économiques et industriels helvétiques appellent la présidente de la Confédération, Karin Keller-Sutter, et son vice-président, Guy Parmelin, à engager des négociations rapides avec Washington. Une lueur d’espoir émerge toutefois des récentes déclarations d’Elon Musk, figure influente du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE). Selon lui, l’objectif ultime de Trump serait d’établir une zone de libre-échange avec l’Union européenne. Si tel est le cas, la Suisse pourrait saisir cette opportunité pour tirer son épingle du jeu.

Comment? En proposant à l’administration Trump de conclure un accord entre les États-Unis et l’Association européenne de libre-échange (AELE), qui regroupe la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein – voire une adhésion en remplaçant «européen» par «économique». Trois de ces pays sont déjà membres de l’Espace économique européen (EEE), ce qui offre un pont direct vers le marché européen.

En s’appuyant sur cette structure, la Suisse deviendrait un allié stratégique pour les États-Unis, accélérant les négociations avec l’UE tout en consolidant un bloc économique occidental face aux BRICS. Mieux encore, notre pays pourrait mettre en avant son atout maître: un réseau de 33 accords de libre-échange avec 43 partenaires hors UE, prévoyant la suppression des droits de douane et des barrières non tarifaires (normes techniques, étiquetage, contingents). C’est précisément ce que Trump recherche dans sa croisade pour un commerce «équitable».

En cas de succès, les entreprises suisses, ainsi que celles des autres membres de l’AELE et de ces 43 partenaires, gagneraient un avantage compétitif immédiat sur les pays tentés par des mesures de rétorsion. Loin de subir les tarifs, la Suisse pourrait transformer cette crise en opportunité, renforçant sa position de pivot économique mondial. À nos autorités de jouer cette carte avec audace et pragmatisme.

Est-ce que la Suisse va passer de la position d’otage à celle du maître du jeu?

Comme Winston Churchill aimait le répéter, restons donc optimistes et transformons cette difficulté passagère en une grande opportunité!

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