Les nouveaux droits de douane s’appliqueront au 1er août
Source: La Presse | Original Published At: 2025-07-06 14:50:38 UTC
Key Points
- Les États-Unis appliqueront des droits de douane punitifs à partir du 1er août 2025 si aucun accord n'est conclu.
- Seuls deux accords ont été conclus (Royaume-Uni et Vietnam) avant la date butoir.
- L'administration Trump utilise la pression tarifaire comme stratégie négociatrice.
- L'Union européenne, l'Inde, la France et le Japon sont impliqués dans des négociations tendues.
- Les BRICS critiquent les mesures américaines comme « unilatérales ».
Des conteneurs sur un cargo dans un port industriel de Tokyo, au Japon, le 2 juillet 2025.
(New York) L’administration américaine compte appliquer à partir du 1er août les vastes droits de douane annoncés début avril, puis rapidement suspendus le temps de négocier avec l’ensemble des pays alors qu’à quelques jours de la date butoir, seuls deux accords ont officiellement été conclus.
Elodie MAZEIN Agence France-Presse
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dimanche que faute d’accord avec Washington dans les prochains jours, les droits de douane – pouvant atteindre 50 % – entreraient en vigueur le 1er août.
Le 9 juillet avait auparavant été fixé comme date butoir pour la mise en place de ces droits punitifs, jusqu’à ce que le président Donald Trump dise vendredi, sans développer, que les pays concernés ne commenceraient à payer qu’à partir du 1er août.
« Le président Trump va envoyer des courriers à certains de nos partenaires commerciaux disant que s’ils ne font pas avancer les choses alors, le 1er août, ils retourneront, tel un boomerang, au niveau des droits de douane du 2 avril », a expliqué M. Bessent, sur la chaîne CNN.
PHOTO ELIZABETH FRANTZ, ARCHIVES REUTERS Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
Il a expliqué qu’une centaine de lettres allaient être envoyées « à des petits pays avec lesquels nous ne commerçons pas beaucoup », mais que l’administration « se concentrait » sur les « 18 importantes relations commerciales qui représentent 95 % de notre déficit » commercial.
« Par conséquent, je pense que vous allez voir beaucoup d’accords très rapidement », a-t-il assuré, anticipant « plusieurs annonces importantes dans les prochains jours » malgré « beaucoup de résistance en face ».
À ce stade, deux accords ont été annoncés, avec le Royaume-Uni et le Vietnam.
S’exprimant peu après sur CBS, le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, a également affirmé qu’il allait « y avoir des accords » – peut-être de « dernière minute » – mais sans avancer de nombre.
« Je ne suis pas impliqué dans les détails des discussions, mais j’entends de bonnes choses sur les négociations avec l’Europe » et « avec l’Inde », a-t-il dit.
« Maximum de pression »
« La stratégie [américaine] est d’appliquer un maximum de pression », a expliqué M. Bessent, citant en exemple l’Union européenne.
« L’Union européenne a été très lente à venir à la table des négociations jusqu’à ce que […] le président Trump menace de 50 % de droits de douane », a déclaré le secrétaire. « Dans les heures qui ont suivi, cinq dirigeants européens l’ont appelé et Ursula von der Leyen, la cheffe de l’UE, était au téléphone ».
« L’UE fait de très bons progrès », a-t-il noté.
Le ministre français de l’Économie, Éric Lombard, a dit samedi espérer un accord « ce week-end », estimant que, à défaut, l’UE devrait répondre avec « plus de vigueur ».
Le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, a quant à lui affirmé dimanche qu’il ne « transigerait pas facilement » dans les négociations avec Washington.
Réunis au Brésil, les BRICS ont pour leur part exprimé leurs « sérieuses préoccupations » face à des droits de douane « unilatéraux ».
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a fait des droits de douane une arme politique.
Ces derniers pourraient varier d’un pays à l’autre, de la Chine à l’Union européenne, d’une fourchette de 10 % à 20 % à une autre, bien plus élevée, de 60 % à 70 %, a mis en garde le président américain.
Des taxes qui suscitent des craintes quant à leur impact sur l’économie américaine et le commerce mondial.
Interrogé à propos du risque d’inflation dimanche sur Fox News, Scott Bessent a répondu qu’il fallait distinguer « l’inflation et les ajustements ponctuels des prix ».
« L’inflation est un phénomène monétaire généralisé. Ce n’est pas ce que nous allons observer. Et jusqu’à présent, nous n’avons même pas constaté les ajustements ponctuels des prix », a-t-il souligné.