À l’issue du sommet de Johannesburg, les Brics accueillent six nouveaux membres
Source: La Croix | Original Published At: 2023-08-24 15:31:52 UTC
Key Points
- Six nouveaux membres (Arabie saoudite, Argentine, Égypte, Émirats arabes unis, Éthiopie, Iran) rejoignent les Brics à partir de janvier 2024.
- Les Brics représentent désormais 40 % de la population mondiale et 25 % du PIB global.
- La Chine, avec 70 % du PIB du groupe, domine économiquement l’alliance élargie.
- L’Inde a exprimé des réserves initiales, craignant un avantage géopolitique pour la Chine.
- Trois nouveaux membres (Iran, Émirats arabes unis, Arabie saoudite) sont des producteurs majeurs de pétrole (OPEP).
- Les Brics visent à devenir une alternative au G7 et à promouvoir un « nouvel ordre international ».
Les pays des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), réunis en sommet à Johannesburg, vont accueillir dès janvier prochain six nouveaux membres, a annoncé jeudi 24 août le président sud-africain Cyril Ramaphosa. L’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Iran vont rejoindre cette alliance de grands pays émergents qui représente actuellement 40 % de la population et un quart du PIB mondial.
L’enthousiasme est presque collectif : l’agrandissement du « club des cinq », au cœur des discussions du 15e sommet des Brics, ouvre un « nouveau chapitre », selon le président sud-africain. La Chine de Xi Jinping, comptant pour environ 70 % du PIB de l’alliance, prédit un « avenir radieux pour les pays des Brics ».
Cependant, le premier ministre indien Narendra Modi s’est montré plus réservé, avant de donner son feu vert pour l’ouverture du groupe. L’Inde considère en effet que l’élargissement sert surtout les intérêts de son rival chinois. La Chine, le poids lourd des Brics, mise sur un rapprochement des pays du Sud global pour s’ouvrir de nouvelles perspectives commerciales.
Une quarantaine de pays avaient demandé leur adhésion ou manifesté leur intérêt, démontrant l’attrait grandissant de cette alliance qui se veut une alternative au G7, l’alliance des démocraties développées (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni). L’unanimité des cinq pays des Brics était requise pour approuver l’entrée de nouveaux membres.
Lors du sommet, ils ont «adopté un document qui définit les lignes directrices, les principes et les processus d’examen des pays qui souhaitent devenir membres des Brics », a expliqué la ministre sud-africaine des affaires étrangères, Naledi Pandor. Toutefois, rien n’a filtré en ce qui concerne les critères retenus pour admettre un nouveau membre.
« La Chine et l’Inde, membres des Brics, sont déjà les principaux importateurs de brut des pays du Golfe, et également les principaux partenaires commerciaux de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe. Rejoindre les Brics renforcera la coopération économique entre le royaume et les pays membres », indiquait déjà le groupe dans un communiqué du 19 juillet dernier, anticipant sur cet élargissement.
« Le rôle et l’importance des Brics dans le monde continuent de croître », s’est réjoui Vladimir Poutine, qui n’avait pas fait le déplacement au sommet. « Les Brics continueront à s’ouvrir à de nouveaux membres », a dit de son côté le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui imagine les Brics devenir « la force motrice d’un nouvel ordre international ».