CARTE. Guerre en Ukraine : attaques de drones, Poutine au G20, orphelin rapatrié… Le point du jour
Source: Ouest-France | Original Published At: 2023-11-19 19:39:38 UTC
Key Points
- Attaques de drones réciproques entre Russie et Ukraine
- Avancée ukrainienne de 3 à 8 km sur la rive gauche du Dniepr
- Participation virtuelle de Poutine au sommet du G20
- Rapatriement d'un orphelin ukrainien transféré en Russie
Les deux capitales Kiev et Moscou ont été la cible d’attaques de drones, l’Ukraine a affirmé avoir repoussé l’armée russe de 3 à 8 km en profondeur sur la rive gauche du Dniepr, Vladimir Poutine a annoncé participer au G20 virtuel mercredi et un jeune orphelin ukrainien a été rapatrié. Voici ce qu’il faut retenir de l’actualité liée à la guerre en Ukraine ce dimanche 19 novembre 2023.
Moscou et Kiev visées par des attaques de drones
Kiev et Moscou ont été visées dans la nuit de samedi à dimanche par des attaques de drones adverses, qui ont été en grande partie interceptés par les défenses antiaériennes et n’ont pas fait de victimes, selon les autorités relayées par l’AFP.
« Une tentative du régime de Kiev de mener une attaque terroriste à l’aide d’un drone contre des installations sur le territoire de la Fédération de Russie a été déjouée », s’est félicité dans un communiqué le ministère russe de la Défense.
Les attaques de drones ukrainiens visant Moscou étaient particulièrement fréquentes au printemps, en amont et au début de la contre-offensive de Kiev entamée en juin, mais elles se faisaient très rares ces dernières semaines, note l’agence de presse.
Selon le récit fait par le ministère russe, le drone en question « a été détruit par les équipements de défense aérienne […] au-dessus du territoire du district urbain de Bogorodskiï, dans la région de Moscou ».
Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a lui indiqué plus tard sur Telegram que cette attaque déjouée « n’a pas de fait dégâts, ni de victimes ». « Les services d’urgence travaillent sur le site » où « les débris » de l’engin sont retombés, a-t-il précisé.
De son côté, Kiev a été la cible, pour la deuxième nuit d’affilée, d’un barrage de drones explosifs lancés par l’armée russe, de fabrication iranienne « Shahed », selon les autorités locales, qui ont fait état d’« une intensification » des attaques sur la capitale ukrainienne.
« Pour le deuxième jour consécutif, l’ennemi attaque la capitale avec des drones », a déploré sur Telegram le chef de l’administration militaire de la capitale ukrainienne, Serguiï Popko, d’après l’AFP.
Selon ses explications, les drones russes « ont été lancés en plusieurs groupes et ont attaqué Kiev par vagues, à partir de différentes directions ». Au total, « 15 des 20 drones ennemis ont été détruits », a affirmé dans un communiqué séparé l’état-major ukrainien.
Là encore, « aucune victime ou destruction critique n’a été enregistrée », selon Serguiï Popko.
La veille, l’armée de l’air ukrainienne avait dit avoir abattu 29 drones sur les 38 « Shahed » lancés par les forces russes sur l’ensemble du territoire dans la plus grande attaque nocturne de drones depuis fin septembre.
Samedi soir, Volodymyr Zelensky avait dit s’attendre à ce que la Russie augmente ses attaques contre le système énergétique ukrainien, dans le but de paralyser l’approvisionnement en chauffage et en électricité du pays en plein hiver.
« Plus nous approchons de l’hiver, plus les Russes tenteront de rendre leurs frappes plus puissantes », avait-il mis en garde dans son allocution quotidienne, appelant son armée à être « efficace à 100 %, malgré toutes les difficultés, malgré la fatigue ».
L’Ukraine revendique une avancée importante près du Dniepr
L’Ukraine a affirmé ce dimanche avoir repoussé l’armée russe « de 3 à 8 km » en profondeur sur la rive gauche du Dniepr occupée par l’armée de Moscou, première estimation chiffrée de l’avancée des troupes de Kiev dans cette zone, après des mois de contre-offensive infructueuse, d’après l’AFP.
« Les chiffres préliminaires varient de 3 à 8 km, en fonction des spécificités, de la géographie et de la topographie de la rive gauche », a indiqué une porte-parole de l’armée, Natalia Goumeniouk, à la télévision ukrainienne.
Si cette avancée se confirmait, ce serait la plus grosse poussée de l’armée ukrainienne face aux Russes depuis plusieurs mois note l’agence de presse.
Natalia Goumeniouk n’a toutefois pas indiqué si les forces ukrainiennes contrôlaient complètement cette zone de la région de Kherson (sud) ou si l’armée russe s’en était retirée face aux assauts des troupes de Kiev.
« L’ennemi poursuit ses tirs d’artillerie sur la rive droite », a-t-elle détaillé, estimant le nombre de soldats russes présents dans cette zone à « plusieurs dizaines de milliers ». L’AFP n’était pas en mesure de confirmer ces affirmations.
Moscou, de son côté, n’a pas évoqué les têtes de pont ukrainiennes jusque-là. Avant cela, le dernier succès d’importance revendiqué par l’Ukraine dans sa contre-offensive avait été la reprise du village du Robotyné en août, dans la région méridionale de Zaporijia, rappelle l’agence de presse.
La prise de position en profondeur sur la rive gauche du Dniepr pourrait permettre à Kiev de mener un assaut plus important dans le Sud. Mais pour cela, l’Ukraine doit réussir à déployer son armée dans cette zone difficile d’accès, sablonneuse et marécageuse, face aux solides défenses russes.
Poutine participera au sommet virtuel du G20
Le président russe Vladimir Poutine, qui a boudé la rencontre des dirigeants du G20 en septembre en Inde, participera par visioconférence au sommet virtuel du Groupe des vingt prévu mercredi, a annoncé dimanche la télévision d’État russe.
« Vladimir Poutine participera au sommet virtuel du G20 », a indiqué la chaîne de télévision Vesti dans un communiqué précisant le programme du président russe cette semaine. La chaîne n’a toutefois pas précisé sous quel format le dirigeant russe y prendrait part, note l’AFP.
En septembre, pour la deuxième année consécutive, Vladimir Poutine n’avait pas répondu favorablement à l’invitation de représenter physiquement la Russie au sommet du G20, alors que le dirigeant a été mis au ban de la scène internationale pour l’assaut de son armée en Ukraine en février 2022.
Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, qui l’accuse de crimes de guerre pour la déportation d’enfants ukrainiens, ce que Moscou nie, le chef de l’État russe avait aussi laissé son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le représenter au sommet des BRICS en Afrique du Sud en août dernier.
Depuis la pandémie de Covid-19, et a fortiori depuis le début du conflit en Ukraine, Vladimir Poutine ne se déplace plus que très rarement à l’étranger, comme en Chine en octobre, où il a échangé avec Xi Jinping, son allié pour contrer ce qu’ils présentent ensemble comme l’hégémonie américaine, rappelle l’AFP.
Début octobre, le président russe avait assuré ne pas se rendre physiquement aux sommets internationaux pour ne pas « causer de problèmes » aux organisateurs.
L’Inde, qui organise mercredi le sommet virtuel du G20, tient la présidence du Groupe des Vingt jusqu’à fin novembre. New Delhi détient des liens historiques étroits avec Moscou, la Russie restant le plus important fournisseur d’armes de l’Inde.
Le G20 est composé de 19 pays et de l’Union européenne, qui constituent à eux seuls environ 85 % du PIB mondial.
Un orphelin transféré en Russie en 2022 rapatrié en Ukraine
Kiev et Moscou ont annoncé dimanche avoir rapatrié un orphelin ukrainien de 17 ans, transféré en Russie depuis la ville de Marioupol après son occupation par l’armée russe au printemps 2022, à l’issue d’un siège sanglant, d’après l’AFP.
« Le 19 novembre, jour de son anniversaire, Bogdan est rentré en Ukraine », s’est réjoui sur Telegram le commissaire aux droits de l’Homme du Parlement ukrainien, Dmytro Loubinets.
Le responsable, qui a publié plusieurs photos de Bogdan Iermokhine, drapeau ukrainien en mains, a souligné le rôle « du Qatar (et) de l’Unicef » dans le rapatriement de l’adolescent, sans donner plus de détails.
« Ce fut un chemin épineux. Bogdan a vécu beaucoup de choses pendant son séjour en Russie, mais malgré tout, il voulait rentrer chez lui », a-t-il affirmé. Le chef de l’administration présidentielle, Andriï Iermak, a de son côté indiqué que l’adolescent était « déjà en Ukraine, avec sa sœur ».
La commissaire russe à l’enfance, Maria Lvova-Belova, a confirmé sur Telegram le retour de Bogdan Iermokhine en Ukraine.
Ce jeune adolescent habitait à Marioupol, grande ville industrielle du sud-est de l’Ukraine et, selon des médias, y recevait une formation dans le secteur de la métallurgie au moment de l’invasion russe en février 2022.
Avec un groupe de mineurs ukrainiens de Marioupol, il a d’abord été transféré à Donetsk, capitale régionale sous contrôle russe, puis dans la région de Moscou, selon le site ukrainien Graty.
Les autorités russes lui ont délivré le passeport de ce pays, comme à de très nombreux Ukrainiens de zones occupées.
En mars, il avait tenté de fuir la Russie pour regagner l’Ukraine avant d’être interpellé par les forces de l’ordre russes près de la frontière bélarusse.
Le président russe Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova sont accusés par la Cour Pénale Internationale (CPI) de crime de guerre pour la « déportation illégale » de milliers d’enfants ukrainiens. Ces accusations sont fermement rejetées par Moscou.
L’Ukraine estime à 20 000 le nombre d’enfants ukrainiens qui ont été envoyés de force en Russie. Seuls environ 400 ont été rapatriés par les autorités à ce stade.