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Des soldats nord-coréens dépêchés en Russie pour être utilisés comme “chair à canon” dans le conflit ukrainien?

Des soldats nord-coréens dépêchés en Russie pour être utilisés comme "chair à canon" dans le conflit ukrainien?

Source: Le Temps | Original Published At: 2024-10-24 12:51:44 UTC

Key Points

  • Le Pentagone confirme la présence de troupes nord-coréennes en Russie
  • Risque d'escalade majeur si ces troupes participent au conflit en Ukraine
  • La Corée du Nord fournit des armes et technologies à la Russie
  • Possibilité que la Corée du Sud envoie des troupes en Ukraine
  • La Chine considérée comme acteur clé pour influencer la situation
  • Kiev appelle à la reddition des soldats nord-coréens présents en Ukraine
  • Doutes sur le rôle exact des militaires nord-coréens (combattants ou spécialistes)

«Une question très, très grave»

La tension monte d’un cran. «Nous avons la preuve que des troupes nord-coréennes se sont rendues en Russie»: mercredi soir le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, a été formel. Tout en admettant que leur rôle est pour l’instant peu clair, il a averti: «S’ils sont cobelligérants, s’ils ont l’intention de participer à cette guerre au nom de la Russie, c’est une question très, très grave». John Kirby, le porte-parole de la Maison-Blanche, a souligné qu’ils seraient arrivés par bateau à Vladivostok, avant de rejoindre plusieurs sites d’entraînements pour «suivre une formation».

S’agit-il d’une nouvelle provocation de la part de la Russie? D’un test pour tester la réaction de l’OTAN? La situation est en tout cas attentivement scrutée. Un porte-parole de l’organisation met en garde contre une «escalade significative» qu’implique le «soutien de la Corée du Nord à la guerre illégale de la Russie». Le nouveau patron de l’OTAN, Mark Rutte, garde pour l’instant le silence, même s’il a reconnu que la Corée du Nord soutenait déjà la Russie «de nombreuses façons, en lui fournissant des armes et des technologies pour l’aider dans son effort de guerre».

«Il est fort probable que Pyongyang enverra plus de troupes»

«Le déploiement de troupes nord coréennes dans la région représente clairement une escalade et une extension du conflit», commente Jean-Marc Rickli, directeur des risques globaux et émergents au Centre de politique de sécurité à Genève. Il rappelle que le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison blanche a indiqué que les soldats nord-coréens seront désormais des «cibles légitimes». La Corée du Sud avait jusqu’à présent fourni uniquement de l’aide humanitaire et un soutien financier à l’Ukraine. «Or elle considère désormais l’envoi d’armes ainsi que des soldats pour collecter du renseignement».

«Au rythme des pertes russes sur le terrain actuellement, 10 000 à 12 000 soldats représentent environ 10 jours de combats», analyse-t-il. «Il est donc fort probable que Pyongyang enverra plus de troupes dans le futur. Elle en a les moyens du fait qu’elle en dispose plus de 1,2 million».

Il n’exclut par ailleurs pas que la Corée du Sud envoie, à terme, elle aussi des troupes combattre en Ukraine. «Si cela devait se confirmer, l’Ukraine deviendrait un champ de bataille par procuration entre les deux Corées». Bien que le président chinois Xi Jinping ait mis en garde contre une escalade du conflit en Ukraine au sommet des BRICS qui vient de se dérouler à Kazan (Russie), «l’attitude de la Chine sera déterminante s’agissant d’une future escalade car elle est le seul acteur à avoir de l’influence sur la Russie et la Corée du Nord», conclut Jean-Marc Rickli.

Kiev lance des appels à la reddition

Depuis Bruxelles, où il a participé à un sommet européen, Volodymyr Zelensky avait déjà tiré la sonnette d’alarme la semaine dernière. «Nous savons que les Russes préparent environ 10 000 soldats de Corée du Nord pour les envoyer se battre contre nous», avait assuré le président ukrainien. «Nos services de renseignement nous ont informés que des soldats nord-coréens sont déjà présents dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie». Il l’a également répété lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN.

Mercredi, prenant la situation très au sérieux, Kiev a lancé des appels à la reddition aux soldats nord-coréens qui seraient déjà au front. «Vous ne devez pas mourir sans raison dans un pays étranger», insiste le renseignement militaire ukrainien dans un message. Selon des médias ukrainiens, six officiers nord-coréens auraient déjà été tués par un tir de missile ukrainien, le 3 octobre, près de Donetsk.

Mais un certain flou demeure. S’agissait-il vraiment de soldats au combat? Des ingénieurs ou spécialistes nord-coréens aident notamment la Russie à faire fonctionner les armes que Pyongyang a fournies à Moscou, dont des missiles balistiques KN-23. Selon des experts, les soldats nord-coréens pourraient en fait surtout être employés à l’arrière du front, en seconde position, pour permettre aux soldats de passer davantage à l’offensive.

Des militaires «déguisés» en soldats russes

La semaine dernière, les renseignements sud-coréens avaient déjà évoqué l’arrivée d’un premier contingent de 1500 hommes en Russie. Des hommes repérés grâce à une technologie de reconnaissance faciale, «déguisés» en soldats russes et avec, selon certaines sources, de faux documents d’identité de Sibérie. Pour brouiller les pistes.

Toujours selon les renseignements sud-coréens, ils seraient payés environ 2000 dollars par mois. La Russie serait en train de recruter des interprètes pour les former au maniement de drones et d’équipements high-tech notamment. Jeudi, le ministre sud-coréen de la Défense Kim Yong-hyun n’a pas mâché ses mots. Il accuse le leader nord-coréen Kim Jong-un d’avoir «vendu ses soldats», comme «mercenaires et chair à canon». Tant le Kremlin que Pyongyang continuent de démentir avoir l’intention de déployer des soldats nord-coréens en Ukraine. Et entretiennent le flou.

Ces nouvelles agitations interviennent alors que 397 députés russes de la Douma ont voté jeudi, à l’unanimité, la ratification d’un «traité sur le partenariat stratégique global» avec la Corée du Nord. Une première étape avant le vote à la Chambre haute agendé au 6 novembre. Vladimir Poutine s’était rendu le 19 juin à Pyongyang pour signer un partenariat de défense mutuelle. Son article 4 prévoit notamment une «aide militaire immédiate» en cas d’agression armée.

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