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Quelles sont les probables conséquences de l’attaque israélienne contre l’Iran?

Quelles sont les probables conséquences de l’attaque israélienne contre l’Iran?
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Source: Radio-Canada | Original Published At: 2025-06-13 08:00:00 UTC

Key Points

  • L'attaque israélienne contre l'Iran pourrait marquer un tournant majeur dans le Moyen-Orient
  • Les menaces iraniennes visant les bases américaines et l'alliance avec les États-Unis
  • Les capacités militaires iraniennes (missiles balistiques, drones) et les attaques antérieures
  • Le contexte du programme nucléaire iranien et les tensions autour de l'enrichissement d'uranium
  • Les implications régionales avec les alliés de l'Iran (Hezbollah, Houthis, Al Hachd Chaabi)
  • Les impacts économiques potentiels sur le marché pétrolier et le commerce maritime

L’attaque massive israélienne perpétrée contre l’Iran dans la nuit de jeudi à vendredi peut constituer un tournant majeur dans la région du Moyen-Orient. Ce bouleversement des équilibres (déjà fragiles) pourrait entraîner des répercussions substantielles dans une large partie du monde.

La veille de l’attaque israélienne contre l’Iran, le ministre iranien de la Défense Aziz Nasirzadeh avait déclaré que si un conflit est imposé [à l’Iran], l’autre camp subira assurément plus de pertes , ajoutant que les bases américaines sont à [leur] portée .

Cette déclaration donne un avant-goût de ce qui pourrait se produire dans les prochaines semaines.

Trois heures après le début des attaques, le porte-parole des forces armées iraniennes, le général de brigade Abolfazl Shekarchi, a déclaré qu’Israël et les États-Unis, des alliés, paieraient un lourd tribut .

La veille de l’attaque, le gouvernement américain avait demandé au personnel diplomatique non indispensable en Irak de quitter le pays. Donald Trump avait brièvement répondu aux journalistes qui l’interrogeaient à ce sujet que la région était dangereuse . Or, en fin de soirée jeudi, en entrevue sur les ondes de Fox News, le président américain a annoncé avoir eu connaissance qu’Israël allait conduire des frappes en Iran, et déclaré que Téhéran ne peut pas avoir l’arme nucléaire .

Les Américains disposent de plusieurs bases militaires au Moyen-Orient, dont en Irak, pays voisin de l’Iran. Et plusieurs groupes alliés de l’Iran se trouvent dans ce pays. Les bases américaines en Irak ont d’ailleurs été visées par ces groupes à plusieurs reprises au début de la guerre dans la bande de Gaza.

Les Iraniens ont affirmé à de nombreuses reprises qu’ils ont les capacités militaires de porter de sérieux coups à Israël. Les Iraniens disposeraient de missiles balistiques et supersoniques qui atteindraient Israël en quelques minutes.

Le 1er octobre 2024, l’Iran a lancé environ 200 missiles en direction d’Israël, en une nuit, en représailles à l’assassinat de Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah allié de l’Iran au Liban, tué par un bombardement israélien à Beyrouth.

En avril de la même année, les Iraniens avaient lancé une série de missiles contre Israël en représailles à une attaque israélienne contre son consulat à Damas.

Lors de ces deux attaques, les États-Unis ont participé fortement à l’interception des missiles et des drones iraniens. Le Corps des gardiens de la révolution a exposé à de nombreuses reprises à la télévision d’État des réserves de centaines de missiles et de drones emmagasinés sous terre.

Depuis plus de 30 ans, la République islamique d’Iran est accusée par les puissances occidentales de vouloir fabriquer des armes nucléaires, alors que les Iraniens ont toujours affirmé que leur programme nucléaire est à vocation civile.

En 2015, après de longues négociations, l’Iran, les États-Unis (alors sous la présidence de Barack Obama), la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Russie et la Chine ont signé un accord sur le programme nucléaire iranien. Celui-ci limitait l’enrichissement de l’uranium à 3,67 % et imposait des inspections régulières de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). En contrepartie, les sanctions internationales imposées à l’Iran étaient levées.

Mais en 2018, le président Donald Trump, au cours de son premier mandat, a unilatéralement retiré les États-Unis de l’accord et a remis en place les sanctions contre l’Iran.

Les Iraniens ont alors décidé de s’affranchir de leurs engagements stipulés dans l’accord de 2015. Ils ont progressivement augmenté l’enrichissement de l’uranium, jusqu’à atteindre la barre des 60 %.

Lorsque Donald Trump a retrouvé la Maison-Blanche en janvier, il a entamé de nouvelles négociations indirectes avec l’Iran, par l’intermédiaire du Sultanat d’Oman.

Or, après cinq cycles de pourparlers, les deux parties ne sont parvenues à aucun résultat. Un sixième cycle devait justement commencer dimanche.

Le point fondamental de divergence entre les deux parties est l’enrichissement de l’uranium. Les Américains veulent que les Iraniens mettent fin définitivement à leur programme nucléaire, tandis que les Iraniens considèrent que l’enrichissement de l’uranium est un droit qu’ils n’ont pas à abandonner.

De nombreux acteurs dans la région pourraient être impliqués en cas de conflit généralisé. L’Iran compte plusieurs alliés non étatiques détenant chacun une certaine force militaire.

Au Liban, le Hezbollah, bien qu’affaibli par les bombardements israéliens qui ont quasiment décapité le mouvement, reste une force qui pourrait avoir un rôle de premier plan en raison notamment de sa proximité avec le territoire israélien.

En Irak, le groupe Al Hachd Chaabi (mobilisation populaire, en arabe) et d’autres groupes armés proches de l’Iran pourraient également être impliqués dans une éventuelle confrontation.

Au Yémen, les Houthis pourraient également obtenir un rôle principal. Depuis le début de la guerre à Gaza, ces derniers ont mené régulièrement des attaques par missiles ou par drones contre Israël et ont attaqué des dizaines de navires considérés liés à Israël en mer Rouge. La situation avait obligé les compagnies maritimes à contourner ce passage où circule en temps normal pas moins de 12 % du commerce maritime mondial.

Israël, de son côté, hormis sa force militaire, pourra probablement aussi compter sur son allié américain pour lui fournir des armes, des munitions et de l’assistance militaire. Lors des attaques iraniennes contre Israël en 2024, les États-Unis ont joué un rôle crucial pour contrer les missiles iraniens.

Les monarchies du golfe Persique sont en revanche dans une position délicate. Certains d’entre eux comme le Bahreïn et les Émirats arabes unis ont normalisé leurs relations avec Israël et abritent désormais des bases américaines, ce qui pourrait en faire des cibles éventuelles.

L’Iran entretient avec les deux pays des relations aussi bien politiques qu’économiques.

Les trois pays font partie des BRICS, ce regroupement de pays souhaitant constituer un contre poids à l’hégémonie américaine.

L’Iran est également un des plus importants fournisseurs de pétrole à la Chine. L’entrée éventuelle de l’Iran dans un conflit durable pourrait donc affecter l’approvisionnement de la Chine.

Téhéran entretient aussi des relations militaires avec Moscou. Ils sont par ailleurs liés par un accord stratégique, tout comme c’est le cas avec Pékin.

Dans les moments qui ont suivi l’attaque israélienne, le cours du pétrole a bondi progressivement de 5 % à 12 % en à peine quatre heures.

Un conflit dans la région mettrait en danger l’approvisionnement mondial du pétrole, selon plusieurs experts.

C’est par le golfe Persique que passent plus 20 % du pétrole mondial et une part importante du commerce international.

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