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Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky interrompt sa visite en Afrique du Sud après les frappes russes sur Kiev

Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky interrompt sa visite en Afrique du Sud après les frappes russes sur Kiev

Source: Le Figaro | Original Published At: 2025-04-24 06:15:00 UTC

Key Points

  • Zelensky interrompt sa visite en Afrique du Sud après des frappes russes sur Kiev ayant fait 10 morts
  • L'Afrique du Sud adopte une position plus claire sur la guerre en Ukraine, votant une résolution de l'ONU condamnant l'invasion russe
  • Zelensky sollicite l'appui de l'Afrique du Sud pour rapatrier des enfants ukrainiens enlevés par la Russie
  • L'Afrique du Sud tente de concilier ses relations avec l'Occident et sa coopération traditionnelle avec la Russie
  • Possibilité que Zelensky demande à participer au sommet du G20 à Johannesburg en novembre

Le chef d’État ukrainien est rentré précipitamment à Kiev après des frappes russes sur la capitale qui ont au fait au moins 10 morts dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a interrompu sa visite en Afrique du Sud pour rentrer dans son pays, après les frappes russes sur la capitale Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi, qui ont fait au moins dix morts. «J’annule une partie du programme de cette visite et rentrerai immédiatement en Ukraine après ma rencontre avec le président sud-africain» Cyril Ramaphosa, a-t-il indiqué sur X.

Volodymyr Zelensky devait se rendre à Pretoria ce jeudi, signe du changement de ton de l’Afrique du Sud sur la guerre en Ukraine, longtemps taxée de positions pro-russes. Cette visite du chef d’État ukrainien, sa première sur le continent africain, intervenait deux mois après le vote inédit par l’Afrique du Sud d’une résolution de l’ONU qualifiant la guerre «d’invasion totale de l’Ukraine» par la Russie et «réaffirmant son attachement» à l’«intégrité territoriale» du pays.

«Il est important que nous nous rapprochions d’une paix véritable. Nous faisons en sorte que les pays G20 soient impliqués dans les efforts diplomatiques», écrivait Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux à son arrivée, avant de s’entretenir avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa. Il avait exprimé aussi son désir de voir «l’Afrique du Sud participer effectivement à la coalition internationale pour rapatrier des milliers d’enfants enlevés par la Russie» durant le conflit.

Le revirement est frappant pour un pays dont le président qualifiait encore en octobre Moscou d’«allié et ami précieux» au sommet des BRICS. Cette proximité affichée a valu des accusations par l’ex-ambassadeur des États-Unis de livraisons d’armes à un cargo russe, le Lady R, ayant mouillé au Cap en décembre 2022. «L’Afrique du Sud a été critiquée pour avoir adopté une position assez ambiguë sur la façon de définir le conflit», observe Priyal Singh, chercheur à l’Institut pour les études de sécurité à Pretoria, pour qui le vote de la résolution «a mis les choses au clair». La présidence sud-africaine dément tout changement, qualifiant la visite de «poursuite des efforts pour tenter d’apporter une solution pacifique», comme «depuis le début», selon son porte-parole.

Une invitation au G20 en ligne de mire

Les chefs d’État ukrainien et sud-africain partagent en revanche le fait qu’ils sont des cibles de leur homologue américain Donald Trump. Ce dernier a qualifié Volodymyr Zelensky de «dictateur», accusé Pretoria de commettre un «génocide» contre les Blancs et critiqué la plainte déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice. Au regard de «la détérioration très rapide des relations entre Pretoria et Washington, l’Afrique du Sud essaie assurément de trouver un terrain d’entente avec ses partenaires européens», analyse Priyal Singh, l’UE étant son premier partenaire commercial. «La contradiction entre la position de l’Afrique du Sud sur Gaza et celle sur l’Ukraine a évidemment tendu les relations», ajoute-t-il, rappelant son positionnement d’emblée «très clair et de principe» sur les bombardements de l’enclave palestinienne.

L’inflexion est remarquée côté européen: «Il s’agit d’une étape positive», juge à propos de la visite ukrainienne le chef de mission adjoint de l’UE en Afrique du Sud, Fulgencio Garrido Ruiz. Pretoria est devenu «beaucoup plus cohérent» dans «ses positions d’appel au dialogue et de médiation», estime Gustavo de Carvalho, chercheur à l’Institut sud-africain des Affaires internationales, qui fait remonter l’évolution à 2023.

Il y a près de deux ans, Cyril Ramaphosa avait mené une délégation de chefs d’État africains à Saint-Pétersbourg (Russie) puis Kiev, pour appeler à la négociation les deux côtés. Cette posture n’est «pas simplement une vision naïve», explique Gustavo de Carvalho, mais le fruit de «l’expérience de la transition plutôt douce en Afrique du Sud dans les années 1990» à l’issue de l’apartheid.

À Pretoria, Volodymyr Zelensky pourrait demander à être invité au sommet du G20 à Johannesburg prévu en novembre, d’après Fulgencio Garrido Ruiz. La visite s’inscrit également dans le cadre d’une riposte de Kiev à la «stratégie de communication très agressive de la Russie en Afrique», ajoute le diplomate européen, rappelant le grand nombre de nouvelles ambassades ukrainiennes ouvertes sur le continent.

Loin de tourner le dos à Moscou, Cyril Ramaphosa a appelé lundi son homologue russe Vladimir Poutine pour «affirmer les solides relations» entre les deux pays, selon un communiqué. Ce lien persistant s’explique, selon Priyal Singh, par l’«internationalisme progressiste» au cœur de la politique étrangère sud-africaine, qui est d’après lui une «vision très binaire du monde» distinguant «les puissances impériales et tous les autres opprimés».

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