Bombardements israéliens massifs au Liban, des dépôts d’armes du Hezbollah visés
Source: La Presse | Original Published At: 2024-10-24 09:50:37 UTC
Key Points
- Israël a mené des bombardements massifs contre des dépôts d'armes du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth.
- Les combats se poursuivent dans le sud du Liban avec des frappes israéliennes et des ripostes du Hezbollah.
- Le secrétaire d'État américain Antony Blinken tente de relancer les négociations pour un cessez-le-feu au Moyen-Orient.
- Plus de 1552 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des hostilités, avec 800 000 déplacés.
- Une conférence internationale à Paris vise à réunir 500 millions d'euros pour les déplacés libanais.
- Le président chinois Xi Jinping a appelé à un cessez-le-feu à Gaza et à l'arrêt de l'escalade au Liban lors du sommet des BRICS.
Israël a annoncé jeudi avoir visé des dépôts d’armes du Hezbollah dans les bombardements aériens massifs qui ont frappé la veille la banlieue sud de Beyrouth, un fief du mouvement islamiste libanais, pendant que les combats font rage dans le sud du Liban.
L’aviation israélienne a mené au total 17 frappes, selon l’agence libanaise ANI, lors des bombardements les plus intenses sur la banlieue sud, en grande partie désertée par ses habitants, depuis le début de la guerre il y a un mois, qui ont détruit six immeubles.
Un immeuble endommagé par des frappes israéliennes qui ont visé le quartier de Laylaki, dans la banlieue sud de Beyrouth.
Poursuivant ses efforts visant à relancer les pourparlers sur un cessez-le-feu, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, est arrivé jeudi au Qatar, le principal pays médiateur dans la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.
Après Israël et l’Arabie saoudite, le secrétaire d’État poursuit sa 11e tournée au Moyen-Orient depuis le début de la guerre qui s’est propagée en septembre au Liban et s’est intensifiée ces derniers jours.
Il avait mis en garde mercredi Israël contre le risque d’une escalade, au moment où l’Iran, qui soutient le Hezbollah et le Hamas, se dit prêt à riposter en cas d’attaque israélienne après le tir de 200 missiles iraniens vers Israël le 1er octobre.
« Éteindre le feu »
Des personnes inspectent les dégâts sur le site de la frappe aérienne israélienne ayant visé le quartier al-Mreijeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 24 octobre 2024.
Jeudi, l’armée israélienne a annoncé avoir visé la veille près de Beyrouth « plusieurs dépôts et des ateliers de fabrication d’armes appartenant au Hezbollah », dans des sites installés « en dessous et à l’intérieur de bâtiments civils dans le cœur de zones peuplées ».
Des images de l’AFP ont montré une énorme explosion, suivie d’autres, plus petites.
L’agence ANI a fait état d’une nouvelle série d’attaques israéliennes dans le sud du Liban, notamment dans les régions de Tyr et Bint Jbeil, d’une frappe de drone sur une voiture sur l’autoroute Beyrouth-Damas à l’est de la capitale libanaise et de combats dans deux villages frontaliers, Aïta al-Chaab et Ramia.
Une frappe de drone sur une voiture sur l’autoroute Beyrouth-Damas, à l’est de la capitale libanaise, a fait deux morts.
« Des hélicoptères ennemis ont atterri sur place à cinq reprises » pour évacuer les victimes, a précisé l’agence.
L’armée a annoncé avoir frappé depuis la veille « plus de 160 cibles » du Hezbollah, qui a de son côté affirmé affronter « à bout portant » les soldats israéliens à Aïta al-Chaab, « avec des armes automatiques et des missiles ».
Le mouvement chiite a aussi revendiqué des tirs de roquettes sur une base militaire proche de Haïfa et sur Safed, dans le nord d’Israël.
L’armée libanaise a annoncé jeudi que trois de ses soldats avaient été tués par des tirs israéliens dans le sud du Liban, où Israël mène depuis le 30 septembre des opérations terrestres.
Après un an de guerre à Gaza, l’armée israélienne a déplacé le cœur de ses opérations vers le Liban où elle mène depuis le 23 septembre des frappes aériennes visant principalement les bastions du Hezbollah dans le sud et l’est du pays ainsi que la banlieue sud de Beyrouth.
Israël affirme vouloir neutraliser le Hezbollah dans les régions frontalières du sud du Liban et permettre le retour dans le nord d’Israël de 60 000 habitants déplacés par les tirs de roquettes incessants depuis un an.
Au moins 1552 personnes ont été tuées au Liban depuis le 23 septembre, d’après un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.
La ville de Tyr est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
L’ONU a recensé quelque 800 000 déplacés.
Une conférence internationale s’est ouverte jeudi à Paris dans le but de réunir 500 millions d’euros (746 millions de dollars canadiens) pour les déplacés dans ce pays plongé dans le chaos, déjà paralysé avant la guerre par une double crise économique et politique.
La France a annoncé qu’elle allait débloquer 100 millions d’euros (149 millions de dollars canadiens) et l’Allemagne 96 millions d’euros (143 millions de dollars canadiens).
Le premier ministre libanais, Najib Mikati, a appelé la communauté internationale à « soutenir les efforts » pour mettre fin à la guerre.
Devant les dirigeants des pays des BRICS réunis en Russie, le président chinois, Xi Jinping, a appelé à faire pression « pour un cessez-le-feu à Gaza » et « arrêter la propagation de la guerre au Liban ».
Le Moyen-Orient est « au bord d’une guerre totale », a averti le président russe, Vladimir Poutine, tandis que son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, a déploré l’inefficacité de l’ONU à « éteindre le feu ».
« Un autre hiver en guerre »
La Défense civile de Gaza a annoncé qu’au moins 770 personnes avaient été tuées dans le nord du territoire depuis le début d’une nouvelle offensive militaire israélienne le 6 octobre dans cette région déjà ravagée par plus d’un an de guerre entre Israël et le Hamas.
Il y a « plus de 770 morts depuis le début de l’opération militaire et il reste des morts sous les décombres [des immeubles cibles de frappes] et dans les rues », a affirmé à l’AFP le porte-parole de l’organisation, Mahmoud Bassal.
M. Blinken a appelé cette semaine Israël à mettre fin à la guerre en « tirant parti » de la mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar, tué le 16 octobre par des soldats israéliens.
Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a indiqué jeudi que les États-Unis envisageaient « différentes options » pour mettre fin à la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza depuis un peu plus d’un an.
« Nous envisageons différentes options », a-t-il déclaré à des journalistes lors d’une visite au Qatar. « Nous n’avons pas encore déterminé si le Hamas [était] prêt à s’engager, mais la prochaine étape consiste à réunir les négociateurs […]. Nous en saurons certainement plus dans les jours à venir », a-t-il ajouté.
Israël avait promis d’anéantir le mouvement islamiste palestinien, au pouvoir à Gaza depuis 2007, après l’attaque sans précédent menée sur son sol le 7 octobre 2023.
Cette attaque a entraîné la mort de 1206 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur les données officielles israéliennes, incluant les otages tués ou morts en captivité.
Sur les 251 personnes alors enlevées, 97 restent otages à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée.
L’offensive israélienne lancée en représailles à Gaza a tué au moins 42 847 Palestiniens, majoritairement des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.
La guerre a provoqué le déplacement de la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants du territoire assiégé par Israël, qui se préparent à vivre un deuxième hiver soumis à des pénuries de plus en plus sévères.
« Nous ne nous attendions pas à vivre un autre hiver en guerre », a confié à l’AFP Salah Abou al-Jabeen, une femme de 32 ans installée dans un camp surpeuplé de Nousseirat, dans le centre du territoire.
« Nous devons remplacer les toiles de tente parce qu’elles se sont abîmées à cause du soleil cet été », « nous avons aussi besoin de couvertures et de vêtements », a-t-elle ajouté.